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Quelques vérités sur le marché de l’IT

C’est devenu une tendance de fond : la pénurie des profils informatiques et digitaux s’accentue à mesure que s’accélère la spécialisation et la technicisation des métiers, des compétences et des technologies. Quels sont ces métiers en tension ? Quels sont ces candidats qui ne cherchent pas de boulot car c’est le boulot qui les trouve ?

 

L’emploi dans l’informatique et le digital : les entreprises et les métiers qui recrutent

 

Le marché du travail est aujourd’hui assez contradictoire. D’un côté, le chômage fait du sur place et reste autour de 9 % et la croissance ralentit, obligeant l’INSEE a revoir ses prévisions à la baisse pour 2018. De l’autre côté, les entreprises sont en pénurie de certaines compétences et les recruteurs sont toujours plus nombreux à faire part de leurs difficultés à recruter sur certains métiers. C’est notamment le cas dans les entreprises de service, dans l’industrie (aéronautique, spatial, automobile, ferroviaire, énergie, etc.), la banque, la finance, ou encore l’assurance, où les experts IT ont la cote mais se font rares.

 

 

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Dans ce contexte on voit se développer « une forte demande pour les profils juniors comme pour les plus expérimentés » apprend-on dans l’étude de rémunération nationale pilotée par HAYS et RegionsJob.

94 % de CDI

Tout l’enjeu pour les recruteurs est donc d’attirer mais surtout de fidéliser les talents. Les conditions de travail demeurent donc attractives avec 94% de CDI et 69,1% de cadres. La pyramide des âges du secteur poursuit d’ailleurs sa « professionnalisation ». Pour la première fois, les salariés de plus de 45 ans sont proportionnellement plus nombreux que les salariés de moins de 30 ans.

Les 10 métiers qui recrutent le plus

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Les compétences, langages et technologies en vogue

La digitalisation et la robotisation en cours conduisent à une mutation des métiers de l’informatique et de l’ensemble de l’écosystème (constructeurs comme services). Depuis quelques années, les ESN (entreprises de service numérique) poussent la logique toujours plus loin, proposant aux clients des solutions globales allant du stockage à la production en passant par la diffusion de données.

Néanmoins le marché du développement est pour le moins tendu, de nombreuses sociétés peinent à recruter des développeurs, codeurs, face à la pénurie de nombreuses sociétés ont recours à une sous traitance délocalisée, en offshoring, ou en nearshoring. Gérard Rellier, président de Go&dev précise : « nous rencontrons de plus en plus de sociétés, des start-ups articuliérement, pour qui les coûts liés au développement deviennent problématiques. Celles-ci voient leur projet menacé manque de solutions techniques, et de moyens financiers. Nous leur proposons des solutions 50% moins couteuses qu’en France. Les délais sont parfaitement équivalent à ceux des professionnels français. Elles peuvent ainsi développer leurs solutions et accélérer leur Time to Market. »  

 

 

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Les métiers de l’informatique, au-delà du socle de compétences élémentaires, évoluent dans un monde professionnel où les frontières entre le service, l’intégration et le conseil sont de plus en plus floues. Rien d’étonnant à ce que les recruteurs cherchent à s’entourer de collaborateurs polyvalents, capables de prendre en charge des missions sur des cycles de plus en plus courts.

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Les postes qui payent le plus

Toujours selon l’enquête annuelle de rémunération nationale pilotée par HAYS et RegionsJob, les rémunérations de profils informatiques n’ont cessé de croître ces dernières années. « En raison de la pénurie de candidats, les entreprises doivent constamment réévaluer les salaires afin de ne pas passer à côté de profils experts. Par conséquent, ces dernières proposent de plus en plus un système de rémunération composé d’une partie fixe et d’un variable auxquels s’ajoutent d’autres avantages » lit-on en analyse.

Du côté des indépendants, la politique de rémunération est plutôt stable. En effet, la moyenne de rémunération (mesurée en Taux Journalier Moyen, dit « TJM » ou « taux journalier ») oscille, cette année encore, entre 420 et 570 euros par jour. Pour un même poste, la rémunération d’un travailleur indépendant est en moyenne 30 % plus élevée que celle d’un salarié en CDI.

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La ruée mondiale vers les compétences numériques

La montée en puissance de l’automatisation et de l’intelligence artificielle va nécessiter des compétences numériques accrues de la part de tous les travailleurs. Or, dans ce domaine, l’Europe présente de grandes inégalités.

 Comme le disait Benjamin Franklin, inventeur, entre autres, du paratonnerre, « l’investissement dans la connaissance est celui qui rapporte les meilleurs intérêts ». Cette remarque du mathématicien américain est, aujourd’hui, plus vraie que jamais, car les technologies numériques, qui ont déclenché  le plus vaste phénomène d’automatisation de l’histoire humaine , ont accru le besoin de nouvelles compétences, non seulement pour les travailleurs et les entreprises, mais aussi pour les simples citoyens.

Toutes les catégories sociales sont menacées.

 

Dans un contexte où l’information est de plus en plus souvent distribuée par des algorithmes et des réseaux sociaux, et ou les « fake news » peuvent conditionner des élections politiques, l’alphabétisation numérique de la société civile devient une nécessité démocratique. Dans le même temps, les données massives (« big data ») et les systèmes basés sur l’intelligence artificielle sont à l’origine d’une transformation numérique du marché du travail, à tous les niveaux – de l’industrie manufacturière, où les chiffres sont plus importants, au secteur des services, où l’impact risque d’être dévastateur. Par exemple, plus de 7 % du PIB des Philippines est généré par des centres d’appel, dans lesquels l’automatisation liée à l’IA supprimera beaucoup d’emplois.

Le remplacement des hommes et des femmes par des machines ne date pas d’hier, mais, contrairement à ce qui s’est passé lors des autres révolutions industrielles, il concerne maintenant aussi les professions libérales, comme les médecins et les avocats, et les dirigeants d’entreprise, pour lesquels la capacité de travailler avec des machines, en les « entraînant », devient peu à peu un facteur de compétitivité.



Neuf emplois sur 10 nécessiterons des compétences numériques d’ici 10 ans.

 

L’automatisation touche, donc, pleinement la classe moyenne, avec un impact extrêmement rapide. Il s’agit d’une évolution bien connue des économistes : en effet, le fossé numérique – à savoir l’écart entre les compétences numériques requises et les compétences que possèdent effectivement les travailleurs – suscite de fortes inquiétudes. D’après une récente étude de la Commission Européenne, neuf emplois sur dix exigeront des compétences numériques dans les dix prochaines années, tandis que 44 % des Européens ayant entre 16 et 74 ans ne possèdent pas les compétences requises pour affronter cette situation.

Les données les plus négatives concernent en particulier les femmes, car, en 2016, dans les facultés d’informatique des universités européennes, les étudiants de sexe masculin étaient trois fois plus nombreux que leurs camarades de sexe féminin.

Domination chinoise et américaine

 

Tout cela intervient dans un contexte d’écosystèmes numériques de plus en plus mondialisés, dominés par les multinationales américaines et chinoises. En effet, parmi les 15 entreprises mondiales à plus forte capitalisation, il n’y a pas une seule entreprise européenne et, parmi les 200 premières plates-formes en ligne mondiales, huit seulement (soit 4 %) sont européennes. Cet écart risque de se creuser encore davantage, puisque la domination américaine en matière de compétences scientifiques, est mise en péril par la Chine, qui a engagé, avec l’Occident, une véritable compétition visant également à attirer des cerveaux étrangers.

Bien que le taux de pénétration d’Internet en Chine soit seulement de 44 %, les Chinois connectés sont déjà 632 millions – un chiffre plus de deux fois supérieur à celui des Etats Unis et de l’Europe, comme l’a fait remarquer le  McKinsey Global Institute . Son économie numérique représente 4,4 % du PIB, ce qui place la République Populaire de Chine devant les Etats-Unis, la France, les Etats Unis, l’Allemagne et l’Italie. Certes, la productivité, en Chine , ne dépasse pas encore un dixième de la productivité américaine et européenne, mais Pékin investit massivement dans la formation et les infrastructures en visant une augmentation de 7 % du PIB d’ici 2025.

Dans le cadre de cette compétition numérique, l’Europe réagit à différents niveaux. La Commission a récemment lancé le Programme Numérique Européen, un ensemble de mesures doté d’un budget de 9 milliards d’euros visant à promouvoir cinq domaines : le calcul hautes performances, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la confiance et, surtout, les compétences et l’adoption de technologies numériques au niveau de la société toute entière, grâce au programme « Digital Skills and Jobs Coalition », qui devrait être doté d’un budget de 700 millions d’euros, pour la période 2021-2027.

 

Fortes inégalités

 européennes

Le défi relatif aux compétences numériques, toutefois, ne concerne pas seulement le grand public, car de nombreuses entreprises privées sont également engagées sur ce front, en Europe. Parmi celles-ci, de grandes multinationales, comme Facebook ou Microsoft, investissent dans les compétences dans différents pays de l’Union, comme l’Espagne, l’Italie et la Pologne, qui souffrent du plus vaste fossé numérique, mais aussi en Grande-Bretagne.

Dans cette ruée mondiale vers le numérique, l’Europe présente de fortes inégalités. Selon l’Automation Readiness Index [taux de préparation à l’automation] de « The Economist », qui classe les pays selon trois critères (écosystème de l’innovation, politiques en matière de travail et politiques en matière de formation), l’Allemagne se place au sommet de la hiérarchie, souvent au même niveau que le Japon et la Corée du Sud. En ce qui concerne la formation, l’Estonie occupe la première place, suivie de la Corée du Sud, tandis que l’Allemagne se positionne à la quatrième place, la France à la sixième et l’Angleterre à la huitième, parmi les pays développés. L’Italie, en revanche, figure encore dans le peloton des pays « émergents », derrière les Emirats Arabes Unis et l’Argentine.